L’aventure au féminin est-elle possible dans la chanson de geste ?
Gauthier GRÜBER, Université de La Rochelle
Résumé de l’article :
Genre masculin par excellence, la chanson de geste n’en oublie pas moins de dresser quelques portraits de femmes originaux qui bousculent les étiquettes et rebattent – provisoirement – les cartes du genre ; le cas de Guibourc, dans la Chanson de Guillaume, en est le plus fameux. Qu’en est-il dans la Geste des Loherains, cycle épique le plus célèbre du Moyen Âge ? Si le portrait de la femme peut se révéler au mieux stéréotypé (la femme comme épouse ou comme récompense) au pire caricatural (la « guerre » que se livrent la reine de Cologne et sa fille pour les beaux yeux de Girbert) dans l’ensemble, deux figures se détachent néanmoins : la reine Blanchefleur et la bordelaise Ludie. La communication se propose de revenir sur l’évolution de ces deux personnages à travers le cycle primitif des Loherains (c’est-à-dire Garin et Girbert), puis Anseÿs de Gascogne.. Dans le premier cas, les deux femmes peuvent à l’occasion exprimer des vertus masculines (entendues comme guerrières dans le cadre de la chanson de geste) mais demeurent enfermées dans le carcan limité que leur impose le genre. La chanson d’Anseÿs, une des trois continuations concurrentes de Girbert, va ouvrir la voie à une nouvelle figure d’héroïne combattante, concrétisant les vœux vains des chansons antérieures. Cependant, l’aventure va tourner court pour les deux femmes avec la terrible bataille de Roye-en-Santerre.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Gauthier GRÜBER (25 novembre 2025). L’aventure au féminin est-elle possible dans la chanson de geste ? Popular Culture Association of France. Consulté le 12 septembre 2026 à l’adresse https://pcaof.hypotheses.org/2648
